Correspondances en terre libanaise

La Genèse du projet

Profondément touchée par la crise des réfugiés, Fleur prend conscience qu’elle pouvait passivement s’indigner – parce qu’on se sent impuissant face à l’ampleur de la crise – ou agir, persuadée par la portée que peuvent avoir de petites initiatives. Elle décide alors de s’engager sur le terrain, d’aller au Proche-Orient pour aider les réfugiés fuyant la guerre. Le choix du Liban qui accueille le plus grand nombre de réfugiés se fait spontanément. En effet, ce pays reçoit plus de deux millions de réfugiés pour une population de quatre millions. Les tensions y sont nombreuses entre la communauté d’accueil et les communautés qui y cherchent refuge. La situation de ces réfugiés est précaire et l’accès à l’éducation représente un défi. Gouvernement et ONG font de leur mieux pour scolariser les enfants, conscients que l’éducation est la meilleure arme contre la délinquance et l’extrémisme. Il faut garder à l’esprit que l’école est aussi un microcosme de la société et les tensions externes y sont souvent importées.

Visitez le site de crouwdunding SoKenGo qui parle de notre projet

Il fallait trouver une structure d’accueil, et, grâce à une amie, Fleur fait la connaissance de Nayla qui dirige la Lebanese Alternative Learning, une ONG libanaise dont les membres œuvrent de leur mieux pour que le plus grand nombre d’enfants puisse accéder à une éducation de qualité au moyen de la technologie et des interventions créatives. Fleur et Nayla ont ainsi, dans un café à Paris, conçu ensemble un projet rassemblant les enfants libanais et réfugiés, en l’occurrence des collégiens, autour d’une création commune, celle d’une histoire racontée et dessinée. Toutes les deux étaient fermement convaincues que plus que de leur apprendre à lire et à compter, il fallait aussi donner la chance à ces enfants d’être éduqué autrement. Il était nécessaire de les ouvrir à l’autre, de favoriser la rencontre de ceux qui sont amenés à cohabiter, de leur apprendre à se connaître pour éviter les préjugés.

Afin de concrétiser leur projet, elle durent trouver une pièce manquante et essentielle: l’artiste. Fleur est donc entrée en contact avec Lisa, illustratrice talentueuse et impliquée déjà auprès des enfants réfugiés en France. Le trio gagnant ! Le projet s’écrit, se précise, prend forme, évolue.

Concrètement, Lisa et Fleur partiront à Beyrouth en mai prochain pour trois semaines. Elles interviendront auprès d’un collège libanais et de deux centres de réfugiés pour mettre en relation des enfants libanais, syriens et irakiens, âgés de 12 à 14 ans. Leur projet a pour objectif de mettre en correspondance ces jeunes autour d’une création commune, de les faire se rencontrer, qu’ils apprennent à se connaître en illustrant les récits les uns des autres. Ils seront d’abord invités à faire part de leur représentation de la ville et des défis auxquels ils font face, en produisant un récit. Celui-ci sera mis en image par un autre groupe d’enfants, d’une autre origine. Ensuite les deux groupes se rencontreront et la planche produite sera présentée et discutée.

Pourquoi la bande-dessinée ?

Car c’est un medium qui fait appel à la narration et au dessin, à la technique  et à la créativité. Cela permettra d’atteindre plusieurs objectifs : encourager les enfants à s’exprimer, collaborer pour produire un récit à plusieurs, libérer son imaginaire et s’initier à une technologique  graphique en plus de perfectionner la langue française ou anglaise (les ateliers seront bilingues) qui est langue d’enseignement au Liban à travers un projet artistique visant l’expression de soi et la connaissance de l’autre.

Le Déroulement des ateliers

Ateliers 1&2 

Deux narrations aux allures de témoignages collectifs seront chacune écrite par une classe puis envoyée et illustrée par une autre. L’intervention démarre donc sous la forme d’un échange, où les jeunes apprivoisent l’autre en s’identifiant à lui par l’interprétation graphique d’une histoire qui n’est pas la leur.

Ateliers 3&4

La seconde étape mènera à la fusion des deux récits en un seul, puis à son adaptation personnelle afin que chacun puisse réaliser sa propre bande dessinée imprégnée de cette rencontre virtuelle.

Atelier 5

La troisième phase permettra la découverte de l’adaptation visuelle de leur texte par l’autre groupe et l’entrevue des quatre classes, certainement attendue, après deux semaines de projection imaginaire.

A terme, une publication des planches de bande-dessinée sous forme de fanzines sera imprimée et une exposition sera présentée pour les familles et le grand public à Beyrouth. Une restitution de ce projet et des travaux sera organisée à Bordeaux l’année prochaine.

Pourquoi ce projet est important et nous tient à cœur ?

Parce qu’en ces temps difficiles, dans un pays en surpopulation, cerné par les conflits, l’individu peut vite disparaitre au profit d’un groupe identifié, être assimilé à celui-ci et perdre de son identité propre. Nous proposons une expression de soi par le groupe, une expression reconnue, valorisée et participant à l’écriture d’une histoire commune. Ne dit-on pas que le battement d’aile d’un papillon peut provoquer un ouragan à l’autre bout de la planète ?

Ce projet, on l’espère, servira de modèles à d’autres projets qui mettront en lien les enfants d’origines et de communautés diverses pour apprendre à mieux se connaître et briser la peur de l’autre.

A quoi va servir l’argent collecté ?

Vos dons permettront aux intervenantes Lisa et Fleur de se rendre à Beyrouth pour concrétiser le projet, de se procurer la partie manquante du matériel essentiel aux ateliers et, à terme, à la présentation des travaux lors d’une exposition et l’impression des fanzines.

 

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